Législatives 2012:Réponse des candidat-es NPA du calvados à l'Association de Défense des Artistes et de Développement des Arts de Caen

Publié le par NPA Comité Lisieux

 

 

 

CherEs amiEs,


Je réponds avec plaisir à vos questions au nom de l'ensemble des candidatEs du NPA dans les six circonscriptions du Calvados. Avec une part de subjectivité, sans doute, notamment dans les réponses aux questions relevant de l'esprit poétique, mais aussi avec l'assurance que ces réponses sont partagées sur le fond.
Je vous adresse mes sincères salutations anticapitalistes.
Florine Le Bris, candidate du NPA dans la 2ème circonscription du Calvados,


au nom de : Marie-Pierre HULBERT (1ère circonscription), Christophe MUSSLE (3ème circonscription),
Sophie LIARD (4ème circonscription), Michel MOISAN (5ème circonscription), Gérard LEROY (6ème
circonscription).


QUESTIONS RELEVANT DE L’ESPRIT DES LOIS


Rapport État/collectivités territoriales


1. À l’occasion de la réforme des collectivités territoriales, une certaine inquiétude s’est exprimée concernant le domaine de compétence des différentes instances en matière de culture. Selon vous, comment doivent se distribuer autorités et compétences aux différents échelons ? État, régions, départements, intercommunalités, villes...


Nous considérons que la régionalisation et le nombre croissant de missions générales désormais dévolues aux collectivités locales, ne font qu’accentuer l’inégalité, d’une ville à l’autre, d’accès à la culture au travers d’un véritable maillage culturel.
C'est à l'Etat de garantir l’accès à l’art et à la culture dans l’éducation donnée à tous -incluant la pratique d’activités artistiques-, par la gratuité des spectacles, musées, études artistiques et un statut des artistes qui les mette à l’abri de la précarité et du système marchand. Nous réclamons donc la suppression de la RGPP et de la loi Hadopi et une refonte des droits d'auteur pour permettre aux artistes de vivre de leur art.


Selon vous, le chantier de la réforme des collectivités territoriales doit-il être poursuivi ? Que devrait-il en résulter pour la culture ?


Si par "chantier de la réforme des collectivités territoriales" on entend la réforme initiée par Sarkozy and co, notre réponse est non. Toutefois, nous sommes pour une autre réforme des collectivités territoriales, une réforme radicale pour promouvoir la démocratie participative et la prise de décision par des assemblées locales populaires. On peut imaginer que les conséquences pour la culture seraient en relation avec l'implication des acteurs culturels dans cette nouvelle démocratie.


2. La décentralisation entraîne une redistribution des rôles. Dans cette mesure, pensez-vous qu’il faille renforcer le pouvoir et l’autorité des régions en matière de culture ? Faut-il poursuivre et conforter une  nouvelle étape de la décentralisation ? Quel rôle devrait être dévolu, à l’avenir, aux Directions Régionales des Affaires Culturelles (DRAC) ?


Comme nous l'avons indiqué plus haut, nous ne sommes pas favorable au renforcement du pouvoir et de l'autorité des régions au détriment de l'Etat, ni en général, ni en matière de culture en particulier.

 
3. On peut observer une disposition pyramidale des institutions culturelles françaises. Ce qui se fait de mieux  se concentre quasi-exclusivement sur la capitale, laquelle – signalons-le au passage – confisque une bonne moitié des crédits affectés par l’État à la culture. Ce modèle pyramidale est plus ou moins reproduit en province : on le décentralise avec les mêmes valeurs et les mêmes labels (exemple : le Beaubourg de Metz).
Existe-t-il une alternative à ce système ? Y a-t-il une place pour des innovations culturelles, pour une culture de proximité, pour un autre modèle de développement culturel ?


En effet, la culture ne doit pas être réservée à une intelligentsia parisienne, ni au cercle des universitaires concentrés dans les différentes préfectures françaises. Nous sommes donc favorables à un réseau culturel public de proximité. Nous défendons l’idée que les arts et la culture doivent pleinement s’inscrire dans la vie sociale, et non être enfermés dans les espaces qui leur sont dédiés aujourd’hui. S’il ne nous appartient pas de dire ce que devrait
être « la culture » dans la société pour laquelle nous nous battons - la création est et sera toujours enjeu de débats et de conflits -, nous savons au moins autour de quelles exigences elle doit s’articuler. La liberté de création : parce que l’expression artistique est aussi là pour déranger, pour subvertir. La liberté de diffusion : parce que la rémunération des professionnels doit être pensée hors de la privatisation de la culture. La liberté d’accès : parce
que les barrières, financières et sociales, qui séparent le public des artistes doivent être abattues. Enfin, la pleine démocratie : parce que la politique culturelle doit d’abord se décider au plus près des populations, dans le débat entre publics et producteurs de culture.


Quelles exigences nouvelles pour la culture


4. L’exception culturelle française s’est bâtie sur le libre accès aux œuvres et donc sur une absence plus ou moins prononcée de médiation. Faut-il poursuivre dans cette voie ? Certains estiment que cette politique – à notre avis judicieuse – est arrivée à son terme, qu’en pensez-vous ? Si la médiation est appelée à jouer un rôle nouveau et déterminant dans l’élargissement des publics, comment entendez-vous la soutenir ?


Le libre accès aux oeuvres sans médiation, c'est le risque que les inégalités sociales perpétuent les inégalités d'accès aux oeuvres. L'Etat soucieux de l'accès égal aux oeuvres doit donc mettre en place des politiques favorisant cet accès pour touTEs. L’accès aux œuvres comme l’accès à la formation artistique et aux pratiques créatives sont des missions de service public. Ils doivent être garantis pour tous et toutes, sur les lieux de travail, dans les
quartiers (la culture "hors les murs"), tout comme dans les villes et les régions. L'Etat doit encourager les initiatives des collectifs de personnes s'investissant dans la diffusion culturelle et qui concourent ainsi à élargir l'accès aux oeuvres.


Quel jugement portez-vous sur le secteur socio-culturel ?


Il faudrait au préalable définir ce qu'est le "secteur socio-culturel".


Sur l’éducation artistique dans et hors l’école ?


Pour ne pas être socialement déterminée, l'éducation artistique doit faire partie de la culture commune transmise gratuitement à tous par l'Ecole.


5. Il existe toujours une exclusion massive des Français vis-à-vis de la culture entendue comme arts et lettres. On peut même parler d’une véritable fracture. Trouvez-vous souhaitable de réduire cette fracture ? Comment entendez-vous vous associer au patient travail d’éducation populaire qui paraît susceptible d’y concourir ? Voyez-vous des solutions nouvelles ?


Voir réponse à la question 4.


6. « On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre ». L’attractivité apparaît à l’évidence comme un bien (ou un mal nécessaire) en vue de la conquête de nouveaux publics. Les festivals jouent un rôle tout à fait déterminant dans cette affaire. Cependant, leurs retombées positives sur le tissu économique local, leur effet médiatique favorable pour un territoire et le fait qu’ils satisfont de larges publics peuvent avoir un effet pervers : n’y a-t-il pas pour l’élu de terrain une tentation de faire de l’attractivité et du divertissement de masse l’axe même de sa politique culturelle ? Quelle place pensez-vous qu’il faille faire au divertissement et à l’attractivité en matière de politique culturelle ?


La culture n’est pas un simple « divertissement ». Au même titre que l’emploi, le logement, la santé, elle est un besoin social. Or, nous constatons que le modèle concurrentiel des sociétés capitalistes tend dans le domaine culturel à faire disparaître l'exigence de qualité des propositions artistiques derrière la recherche de la « captation » d'un maximum de consommateurs de culture venant rendre rentable l'industrie culturelle. Nous
opposons donc l'accessibilité à l'attractivité (qui sonne comme un traquenard). Pour nous, la culture ne doit être réduite ni aux seules industries culturelles, ni même aux arts constitués. Le design, la mode, la gastronomie et bien d’autres domaines émergents mettent en œuvre des processus créatifs qui participent de la culture.


7. Internet est devenu un fait culturel majeur concernant le partage des biens culturels. Face à cette nouvelle donne, comment entendez-vous favoriser le travail et la rémunération des artistes ? Que pensez-vous de la loi Hadopi ?


La pénalisation et la criminalisation des internautes n’est pas une solution. Le NPA s’est toujours clairement prononcé contre HADOPI : injuste et inefficace, HADOPI est surtout totalement déconnecté de la réalité et non seulement n’assure en aucun cas des revenus justes aux artistes et techniciens, mais surtout acte de fait, dans une période de crise dans laquelle les biens culturels sont souvent les premiers sacrifiés faute de pouvoir d’achat, la
primauté du commerce sur les échanges culturels. C’est pourquoi il faut non seulement l’abroger, mais revenir au fond du problème.
Nous proposons une licence "égale", qui permettrait ainsi de répondre aux trois questions posées par les échanges culturels sur internet : la rémunération, l’accès à la culture pour toutes et tous, et la question du financement.
Cette licence égale repose sur deux grands principes : maintien de l’exception pour copie privée des internautes et protection de la rémunération des artistes et techniciens. Elle serait financée majoritairement par l’instauration d’une taxation sur le chiffre d’affaire des grosses majors de l’entertainment, fabricants de matériel informatique, opérateurs de télécoms et fournisseurs d’accès qui, en gagnant des abonnés à coup de publicité sur le haut débit,
sont les principaux bénéficiaires des échanges, légaux ou non, des œuvres, et ce afin de compenser les ayants droit pour le manque à gagner occasionné par le téléchargement dit illicite.
Concernant la répartition de cette taxe entre les ayant-droits, précisons tout d’abord que nous sommes contre la patrimonialisation de ces mêmes droits : un salarié ne fait pas hériter ses descendants des bénéfices de sa production, et ce sont les futurs salariés de son secteur qui bénéficient de son apport. Même chose ici donc, où les droits post-mortem générés par un artiste serviraient à alimenter un fond de solidarité aux artistes fragiles et/ou émergents.
De plus, afin de ne pas juste répondre à des intérêts particuliers (qu’il s’agisse de ceux des internautes ou des artistes), il faut accompagner cette licence égale par une réelle politique d’accompagnement culturel, en soutenant le développement de médiathèques numériques publiques et gratuites, qui pourraient ainsi démocratiser l’accès aux œuvres.


Quel développement envisagez-vous pour les télévisions locales et la création audio-visuelle de proximité ? Comment soutiendrez-vous les nouveaux territoires de l’art et du numérique ?


Nous aimerions que les télévisions locales et la création audio-visuelle de proximité se développent en relation avec la "démocratie locale" dont nous avons parlé plus haut (la démocratie participative et la prise de décision par des assemblées locales populaires).


8. Parallèlement aux institutions culturelles se développe un secteur dit « indépendant », c’est-à-dire une foultitude de structures de petite et moyenne importance se réclamant de l’intérêt général et sollicitant à ce titre des subventions publiques. Que pensez-vous de ce phénomène ? Comment entendez-vous le prendre en compte ? Comment soutiendrez-vous le  développement et la structuration de ce secteur ?
 
Le développement du secteur "indépendant" est assurément une bonne chose s'il concoure à la diffusion des pratiques culturelles, s'il joue un rôle dans l'accès aux oeuvres, c'est-à-dire s'il accompagne, relaie, dynamise la politique publique que nous soutenons en matière culture. Le meilleur soutien à lui apporter est la garantie de sa pérennisation, et l'assurance que cette activité génère un revenu pour vivre décemment, qui ne saurait être inférieur au minimum fixé dans les autres branches d'activité.


9. La culture est devenue un enjeu d’ordre économique tant par le bassin d’emplois qu’elle représente que par ses retombées positives sur les territoires. En êtes-vous convaincu ?


Sans cesse en quête de nouveaux territoires à investir, les logiques capitalistes pénètrent toutes les activités humaines, l'éducation, la santé, la culture. La culture est donc bien un "enjeu d'ordre économique", hélas. Pour les territoires aussi, qui se livrent bataille entre eux, chacun voulant être le plus "attractif". Hélas, hélas. Sortir de cette logique de concurrence devient urgent, et extraire la culture de l'économie aussi.

 
Quelle place accorderez-vous à l’économie sociale et solidaire, si déterminante pour le secteur indépendant ?


Une place de partenaire aux côtés du service public. Nous sommes pour réserver le financement public aux politiques publiques, qu’elles soient menées directement par le service public ou par l’intermédiaire de structures associatives, à condition que ces dernières offrent des conditions d’accès relevant des principes du service public (égalité, bas coût, voire gratuité, la recherche du profit étant prohibée). Nous sommes en revanche résolument
opposés à toute aide publique à l’économie marchande. D'un point de vue général, dans les appels à projet, nous préconisons de réserver les aides publiques aux associations rendant des services à la population en complément de l’action publique. Ce point de vue général peut s'appliquer au domaine culturel.


10. Comment envisagez-vous l’implication des citoyens dans l’élaboration des politiques culturelles ? Quelles modalités de concertation imaginez-vous ?


Cela fait maintenant de nombreuses années que les gestions de différents fonds (de la Sacem à la Maison des Artistes par exemple) sont régulièrement épinglées. Comme nous défendons le contrôle des institutions par les citoyens, nous souhaitons ici appliquer également ce principe, pour en finir avec l’opacité de gestion de sociétés pour partie de droit privé qui gèrent les fonds de la création.


11. Quel statut vous paraît-il concevable pour l’artiste ? Qu’est-ce que cela implique concernant le régime de l’intermittence ? Comment encourager et soutenir les plasticiens et écrivains sans ressources ?


Le dit statut des intermittents n’est pas un statut, c’est du chômage, de la précarité, dont profite largement le système marchand. Nous demandons dans l’immédiat l’abrogation de la loi de 2003 et à terme nous voulons un salaire pour les artistes et techniciens du spectacle et de la culture en général. Les artistes et ceux qui travaillent autour d’eux ont un rôle social qu’ils doivent pouvoir jouer sans contrainte et en gagnant dignement leur vie. La culture, pour être réellement accessible à tous, doit bénéficier d’un cadre public laissant à chacun sa liberté
d’expression sans contrainte marchande. Aujourd’hui ce qui est gratuit est payé par la publicité, il n’y a donc pas de vraie liberté d’expression. Le capitalisme n’offre pas d’alternative ni de perspective aux artistes car dans ce cadre leur "production" est dévoyée par la recherche du profit.


12. L’Europe consacre un budget parfaitement ridicule à la culture. Comment pensez-vous favoriser des objectifs culturels partagés entre les pays européens ? Comment améliorer la circulation des œuvres et des artistes ? Faut-il développer la législation européenne en la matière ?


L'Europe actuelle, c'est l'Europe des marchands et des plans d'austérité ! Qu'elle ne se mêle pas de culture !
L'Europe des peuples aura tout à inventer.
Nous sommes pour une Europe ouverte, pour la libre circulation et la libre installation des personnes, et pas seulement au sein de l'espace européen mais aussi entre l'Europe et le reste du monde. Nous sommes pour l'abrogation de la Convention de Schengen.
 
QUESTIONS RELEVANT DE L’ESPRIT POÉTIQUE


1. La création doit-elle être au cœur de toute politique culturelle ? La création peut-elle être considérée comme le moteur de tout changement présent ou futur ? Le monde n’a-t-il d’intérêt qu’à être réinventé chaque jour ?


Sont-ce des questions oratoires destinées à mettre en valeur notre programme ?! Vous nous avez percé à jour!


2. L’imagination au pouvoir ? Quelle place faîtes-vous à l’imagination et à l’utopie dans votre profession de foi ?


Nous revendiquons l'utopie comme moteur progressiste. Il est lamentable et humainement frustrant d'avoir à accepter le moins pire. L'homme est capable de réaliser de grandes choses qui paraissent irréalistes à l'état de projet mais qui peuvent devenir possibles à partir du moment où suffisamment de personnes sont disposées à y croire et à se mettre en mouvement dans le but d'y parvenir. Voyez Hitler. Hélas, c'est en la barbarie que l'humanité a préféré vouloir croire. Non! Le meilleur n'est pas trop beau pour être possible. En matière politique,
tout est possible à condition qu'on y croit. C'est le principe de performativité. Aussi devons-nous d'urgence nous efforcer de croire en un idéal porté par la commisération pour petit à petit nous en rapprocher au lieu de stagner dans les eaux troubles du pseudo-réalisme.


3. Rimbaud écrivait : « Je est un autre ». Quel autre que vous-même sera élu si vous êtes élu ? (vous n’êtes pas autorisé à répondre : « mon suppléant pour cause de non cumul des mandats » ! Ni non plus par la boutade bien connue : « quelle est le féminin de député ? Suppléante... ») Y a-t-il un inconnu et un étranger en vous ? Êtes-vous porteur d’une altérité... laquelle ? (vous n’êtes là non plus pas autorisé à répondre « homme de droite » si vous êtes de gauche et réciproquement, car on pourrait en déduire que c’est le pouvoir à tout prix qui vous intéresse... Ce qui pourrait compromettre votre élection ! Quoique...)


On ne devrait pas dire « je suis » mais « je sommes ». Il ne peut pas y avoir de singulier dans l'être, pas de monade ontologique car rien n'exclut son contraire. Les snobs disent « je suis » et se trahissent sans scrupules car ils n'ont pas intégré l'immanence du principe dialectique. D'autre part, la neurobiologie nous apprend que nous ne sommes que les autres que nous avons intériorisés. Mais trève de philosophies! Si le NPA a choisi le symbole du porte-voix,
c'est parce qu'il se fait l'écho de tous les exploités, de ceux qui travaillent pour ne ramasser que les miettes de ceux qui en accumulent les fruits. Il s'agit donc moins de se faire élire que de redonner confiance au peuple dans la possibilité qu'il a de se réapproprier le politique s'il s'unit et se bat pour renverser cet ordre inique. Intégrer les institutions politiques actuelles n'a donc pas grand sens. Il ne s’agit pas pour nous de concentrer le pouvoir entre quelques mains, ce ne serait ni démocratique ni efficace. Il s’agirait au contraire que soit décidé
démocratiquement les priorités tant politiques, économiques que culturelles par le peuple et à son service.


4. Faut-il être cultivé pour participer à l’élaboration d’une politique culturelle ?


La notion même d' « être cultivé » et la possibilité induite de ne pas l'être est une création à finalité distinctive de la classe dominante. Par nature... euh, je veux dire « par culture », l'homme vit en société et est donc immergé de fait dans une culture et par là même « cultivé ». Ce n'est donc pas la maîtrise des codes de la culture dominante (bourgeoise) qui détermine le niveau culturel d'une personne. Nous pensons que la culture est la chose du monde
la mieux partagée et que la politique culturelle doit donc être l'affaire de tous.


5. Quelle place pour la culture de l’Autre dans l’idée que vous vous faites de la culture ? Pensez-vous qu’il faille lui laisser une place vacante dans l’espace public ?


Nous aimerions promouvoir l’échange et l’enrichissement mutuel : parce que le confinement de bien des cultures minoritaires ou extra-occidentales, dont la découverte est réservée à quelques « amateurs éclairés », est un appauvrissement pour tous.


6. Êtes-vous influençable en matière de culture ? Avez-vous une pratique ou un hobby d’ordre culturel ?


La culture n'est pas un hobby, c'est une raison et un moyen de vivre, la nourriture la plus essentielle à l'existence psychique. Cinéma, théâtre, musique et littérature nous permettent de mieux connaître le monde et l'âme humaine.


7. Allez-vous parfois danser sur le pont d’Avignon (ou ailleurs) ?

Tous les 1er Mai, nous participons joyeusement à des sarabandes populaires!


8. Avez-vous quelques affinités avec Jean-Jacques Rousseau lorsqu’il récuse la société du spectacle ?


Oh que oui ! L'étourdissement spectaculaire, autrement appelé fabrication du consentement, est ce qui permet – vieille méthode du pain et des jeux – de détourner le peuple de ce qui lui permettrait de comprendre là où sont ses intérêts et de se rebeller contre ce(ux) qui les desservent.


9.Pensez-vous qu’il faille être bon acteur ou gros mangeur (c’est-à-dire avaleur de couleuvres...) pour être élu de la nation ? De quelle liberté de manœuvre pensez-vous disposer ?


Il le faut peut-être, il ne le faudrait pas. Entre ce qui est et ce qui devrait être, entre le réel et l'idéal, le rôle du politique est de construire un pont.
Nous pensons disposer d'une indépendance totale. Nous sommes de ceux qui combattant pour plus qu'eux-mêmes, n'ont guère d'ambition personnelle. Nous sommes de ceux qui plaçant les valeurs humaines plus haut que tout, ne sécrètent guère de vénalité.


10. Le farniente a-t-il place dans votre vie ?


Nous aimerions comme Paul Lafargue faire de notre vie l'exemplarité d'un Éloge de la paresse, hélas l'urgence du combat social nous galvanise dans des vies plutôt trépidantes.


11. Avez-vous lu La Princesse de Clèves ? Une œuvre littéraire vous sert-elle de référence ?


Nous avons vu l'adaptation cinématographique réalisée par Christophe Honoré pour montrer au Petit Nicolas l'intemporalité et l'universalité des classiques littéraires. Nous sommes sensibles à l'idéalisme aigu de l'héroïne. Comme elle, nous préférons être des navigateurs solitaires plutôt que de voir notre idéal entamé. Nous lisons beaucoup Marx et Trotsky qui ont, bien que le fond éclipse chez eux la forme, leurs morceaux de bravoure littéraires !


12. Partagez-vous l’avis de Shakespeare selon lequel nos vies sont faites de l’étoffe de nos rêves ?


Nous aimerions en effet permettre que nos vies puissent être rêvées et le champ des possibles étendu car nous savons que le milieu social d'origine a trop tendance à le déterminer. Or c'est en s'extrayant de la quotidienneté que l'homme peut réellement conquérir son humanité, et c'est ce que nous souhaitons à tous puisque c'est ce que chacun mérite pour accomplir une dignité entière.

 

Info sur l'ADADA 14 : ICI

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Publié dans Législatives 2012

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